Et si ton prénom était une clé ?

As-tu déjà ressenti que ton prénom ou ton nom de famille n’étaient pas là par hasard ?
Et si chaque lettre, chaque son, portait une mémoire ancienne, une vibration unique ?
Et si, derrière ce que tu crois connaître de toi, se cachait une sagesse oubliée… et un avenir à révéler ?

C’est de cette intuition profonde qu’est né ce stage.
Un espace que nous avons conçu à deux voix, à deux pratiques, avec la joie de tisser du lien, de croiser les regards, et de proposer une expérience sensible, vibrante et transformatrice.


🌟 Au programme :

🔸 L’Onomasophie (inspirée des travaux de Georges Colleuil) : une exploration du sens symbolique et archétypal de tes noms et prénoms
🔸 La Signature Fréquentielle : une approche vibratoire pour ressentir l’énergie de chaque lettre, et réharmoniser ce qui appelle à l’être
🔸 Des pratiques créatives, corporelles, méditatives et intuitives pour intégrer
🔸 Des espaces de douceur et de transformation, où la parole du corps et du cœur est accueillie


🌿 Ce que ce stage t’offre :

💛 Un pas vers ton nom intérieur, celui qui te relie à toi-même
🌸 Une compréhension plus fine de tes mémoires personnelles et familiales
🎶 Un temps pour retrouver ta vibration profonde, celle qui t’anime vraiment


Un lieu calme, une présence à soi, une vibration à retrouver. Du 10 à 12 avril 2026 Château de Touloubre à Saint-Cannet

Tu es bienvenu(e), tel(le) que tu es.

Renseignements Patricia Garcin 06 09 60 76 78

https://patriciagarcin.fr/evenements/onomasophie-signature-frequentielle/

https://www.notre-voix-interieure.fr/infos-pratiques/

AU NOM DE SOI : Et si ton prénom était une porte d’entrée vers toi-même ?

Et si ton prénom était une porte d’entrée vers toi-même ?
Et si, derrière chaque lettre, chaque son, se cachait une vibration unique, une mémoire ancienne, une invitation à te réconcilier avec ton identité profonde ?

Nous avons créé ce stage à deux voix, porté par notre passion commune pour le lien vivant, le sens symbolique, la transmission vibratoire… et l’élan joyeux de faire ensemble.

🌟 Deux approches complémentaires, pour une transformation intime et vibrante

🔹 L’Onomasophie, fondée par Georges Colleuil, révèle la sagesse du prénom et du nom de famille : leurs racines symboliques, leurs résonances archétypales, les mémoires transgénérationnelles qu’ils contiennent et les potentiels qu’ils éveillent.
🔹 La Signature Fréquentielle, approche vibratoire et énergétique subtile, permet de ressentir les lettres comme des fréquences vivantes, de libérer ce qui entrave, de réaligner ce qui cherche à vibrer plus juste en soi.

💫 Ce que ce stage vous offre :

  • Une exploration de votre prénom comme une signature d’âme
  • Des pratiques sensorielles, vibratoires, symboliques et corporelles
  • Des rituels de reconnexion, des clés de compréhension puissantes
  • Un espace cocon, respectueux, doux et profond pour laisser vibrer votre nom dans toutes ses dimensions

🌀 Pourquoi vivre cette expérience ?

Parce que les noms que nous portons ne sont pas neutres.
Parce qu’ils nous parlent de notre histoire, de notre lignée, mais aussi de notre futur possible.
Parce qu’en les réécoutant autrement… nous nous retrouvons.

📍 Infos pratiques

📅 Dates : 10, 11 & 12 avril 2026
📍 Lieu : Château de l’Orangerie Touloubre – Saint-Cannat (13)
💶 Tarif : 350 € (hors hébergement et repas)
📩 Inscriptions & renseignements : ateliersdegaia@gmail.com

⚠️ Places limitées – petit groupe pour une qualité d’accompagnement optimale

👉 Dominique et moi serions très heureuses de t’accueillir dans ce beau lieu, pour ce moment fort de reconnexion à toi, à ton histoire, à ton énergie unique.

Avec chaleur et joie,
Patricia Laure Garcin & Dominique Mathey

Objet : 🌿 AU NOM DE SOI – Une expérience vibratoire inédite | Stage co-animé Dominique Mathey & Patricia Laure Garcin

✨ AU NOM DE SOI
Stage Onomasophie & Signature Fréquentielle
📅 10, 11 & 12 avril 2026
📍 Château de l’Orangerie Touloubre – Saint-Cannat (13)
💶 Tarif : 350 €
👥 Co-animé par Dominique Mathey & Patricia Laure Garcin

 

L’Onomasophie

Et si ton prénom n’était pas un hasard ?

 

L’Onomasophie est l’art d’écouter autrement ce qui nous nomme.

Elle nous invite à poser un regard symbolique, poétique et transgénérationnel sur notre prénom, notre nom de famille, et ceux qui ont traversé notre vie.

cette approche puissante mêle symbolique, mythologie, linguistique, généalogie et inconscient familial pour révéler les sens cachés de nos identités nominales.

💬 “Le nom que je porte me parle. Il me dit d’où je viens. Il me dit aussi vers où je pourrais aller.”

🌿 Une sagesse vivante, un miroir de l’âme

 

Chaque prénom est un verbe qui vibre, un récit à décoder.

Il raconte à la fois notre héritage, nos loyautés invisibles, nos blessures et nos ressources d’évolution.

Avec l’Onomasophie, nous apprenons à :

 

  • Décrypter les significations symboliques des lettres et des sons
  • Relier notre prénom à des archétypes, mythes, figures inconscientes
  • Identifier les liens transgénérationnels et les nœuds à délier
  • Honorer notre lignée tout en reprenant notre juste place

✨ L’esprit Ateliers de Gaïa

 

Aux Ateliers de Gaïa, nous transmettons l’Onomasophie non pas comme une méthode figée, mais comme une voie d’écoute et de reliance vivante.

Ici, nous la relions à :

 

  • La psychogénéalogie symbolique

  • Les pratiques vibratoires, créatives, sensibles et incarnées
  • La douceur du partage en résidentiel, du corps ressenti, de la voix retrouvée

L’Onomasophie devient ainsi une porte d’accès à l’intime, à ce qui nous lie et nous libère à la fois. Une clef pour transformer son histoire en chemin de conscience.

💫 Ce qu’offre une exploration onomasophique :

 

 

  • Une lecture inédite de votre prénom et de votre nom
  • Une reconnexion profonde à votre lignée, à votre histoire et à votre mission de vie
  • Des éclairages puissants sur vos fonctionnements relationnels et vos fidélités inconscientes
  • Une revalorisation du Je suis à partir de ce que je porte, nomme et incarne

📚

Un travail symbolique soutenu par une tradition rigoureuse

 

L’Onomasophie s’appuie sur :

 

  • Le Tarot de Marseille et son alphabet archétypal
  • La mythologie comparée
  • L’analyse linguistique intuitive
  • Le transgénérationnel
  • L’étude du sens caché dans les lettres et les sons

🌀 Pour qui ?

 

Toute personne en chemin vers elle-même.

Thérapeutes, coachs, praticiens symboliques ou énergétiques, curieux du sens, chercheurs d’identité, artistes du lien.

🗝️ Un prénom, un appel. Un nom, une mémoire.

Ensemble, une possibilité de renaître à soi… autrement.

Avec bienveillance et enthousiasme,

Patricia L. Garcin


Praticienne en psychothérapie

Consultante certifiée en Bilan de Compétences
Praticienne et Formatrice Référentiel de Naissance®,
Psychogénéalogie et Analyse Transgénérationnelle

Tel: 06 09 60 76 78

« Déni de grossesse, un trouble de la gestation mal nommé »

« La grossesse non perçue reste un angle mort de la pratique transgénérationnelle. »

Partant de cette constatation — renforcée par la sortie du film « Toi non plus tu n’as rien vu » de Béatrice Pollet — les autrices proposent une relecture à la lumière de la mémoire familiale: sexualité tue, deuils périnataux, accouchements non reconnus, traumas transmis dans le silence …

« Il ne suffit pas d’être enceinte pour attendre un enfant ; s’il n’y a pas de parole, il n’y a pas d’enfant. ». Ce trouble, souvent mal nommé, interroge directement les pratiques d’accompagnement en périnatalité, et souligne le besoin d’une écoute plus fine, plus symbolique, plus transgénérationnelle.

Un regard transgénérationnel mis à l’honneur au Congrès 2025 de l’UPSFB

C’est dans cette même dynamique que j’ai été invité à intervenir lors du congrès annuel de l’Union Professionnelle des Sages-Femmes de Belgique le 15 avril 2025 avec une conférence intitulée « Trauma et transmission transgénérationnelle : comprendre les empreintes invisibles de la périnatalité ».

De la conception à la parentalité, cinq étapes clés ont été explorées à travers le prisme des transmissions inconscientes en montrant comment les symptômes persistants peuvent être porteurs d’histoires anciennes non dites.

« L’invisible agit, parfois à travers le corps, parfois dans les silences. Il est de notre responsabilité d’en tenir compte. »

Former les accompagnant·es à élargir leur regard : une formation pour les sages-femmes et praticien·nes de la périnatalité

Parce qu’il ne suffit pas de savoir que « le corps parle », encore faut-il apprendre à l’écouter dans sa langue symbolique, Geneasens propose une formation inédite de deux jours les 13 et 20 juin 2025 à Mons (Belgique) afin de « développer un regard transgénérationnel sur la périnatalité* ».

Cette formation a été pensée en continuité avec les réflexions cliniques soulevées par l’article sur le déni de grossesse et fait écho aux enjeux abordés récemment au congrès annuel de l’UPSFB. Elle vise à permettre aux professionnels et professionnelles d’identifier les mémoires invisibles, les loyautés familiales, les traumas transgénérationnels qui peuvent parasiter ou conditionner les grandes étapes du parcours périnatal :

  • Comprendre l’impact de l’histoire familiale sur la conception, la grossesse, l’accouchement et le lien;
  • Repérer les deuils muets, les silences transgénérationnels, les répétitions traumatiques;
  • Offrir un accompagnement plus conscient, plus humain et plus ajusté.

Programme de la formation « Développer un regard transgénérationnel sur la périnatalité » et inscriptions

« Un déni suit souvent un autre déni. Ce que la mère ignore, c’est parfois ce que l’arbre tout entier tente d’oublier. »

Relier les approches pour mieux accompagner

De cette manière, l’article, la conférence et la formation partagent une même intention: donner voix aux héritages silencieux, intégrer la dimension transgénérationnelle dans les pratiques périnatales et outiller les soignant·es face aux symptômes qui résistent à toute explication biomédicale. Le déni de grossesse en est un exemple frappant: il révèle les failles d’écoute dans notre culture de la maternité. En croisant les approches cliniques, généalogiques, psychanalytiques et corporelles, Geneasens vous propose d’ouvrir un nouveau champ de compréhension et d’intervention en périnatalité.

Bien cordialement,

Pierre RAMAUT
Coordinateur de Geneasens

L’analyse transgénérationnelle vise à repérer dans les arbres généalogiques les épreuves et les traumatismes vécus au sein d’une famille. Dans ce cadre, les questions de maternité, de procréation médicalement assistée, de naissances prématurées ou à problèmes, d’enfants décédés in utero ou dans les premiers mois qui suivent l’accouchement, de fausses couches, d’interruptions de grossesse, et autres, sont quasi systématiquement interrogées.

À l’occasion de la sortie en 2023 d’un film consacré au déni de grossesse (Toi non plus tu n’as rien vu, de la réalisatrice Béatrice Pollet), ce sujet nous est apparu comme un angle mort de la pratique transgénérationnelle. Que ce soit dans le cadre des formations ou de la clinique, la grossesse non perçue n’est presque jamais envisagée.

Dans quel contexte particulier fait-on un déni de grossesse ? Quels sont les impacts d’un tel contexte de naissance ? Comment l’envisager et l’intégrer dans la clinique transgénérationnelle ?

Heureusement, la plupart du temps, une femme enceinte perçoit sa grossesse ou réalise un test pour confirmer son état puis informe son entourage, qui s’en réjouit. La naissance prochaine annonce le prolongement de l’arbre et des lignées familiales, elle amorce le renouvellement des générations. Idéalement, la future mère est entourée, la parturiente assistée au moment de l’accouchement, le nouveau-né accueilli et la jeune mère aidée dans la phase de post-partum.

Malheureusement, dans le cas d’un déni, rien de tout cela ne se produit. L’immense solitude dans laquelle se trouve la mère est frappant. Sentiment de honte ou de culpabilité peuvent être puissants, ils l’isolent.

Le phénomène du déni de grossesse

De quoi parle-t-on ? Le déni de grossesse, aussi appelé selon les spécialistes grossesse cryptique, inconsciente ou non perçue, désigne la méconnaissance d’une gestation au-delà du premier trimestre de grossesse, soit après la 14e semaine d’aménorrhée (certains praticiens mettant le curseur à la 20e). Une grossesse qui n’est pas découverte à partir du deuxième trimestre peut être envisagée comme faisant l’objet d’un déni, celui-ci pouvant recouvrir également l’accouchement et la période post-partum.

Selon les cas, on parlera de déni partiel, c’est-à-dire une grossesse méconnue puis découverte en cours de gestation, ou de déni total si elle est découverte au moment de l’accouchement ou même après.

Il s’agit d’un trouble de la gestation psychique. Une grossesse se déroule – un embryon a été conçu puis il devient un fœtus qui se développe physiquement – mais elle a lieu dans une ignorance totale. La présence d’un bébé à naître passe inaperçue à la fois pour la future mère, son conjoint, leur famille et même, parfois, aux yeux des médecins qui peuvent être consultés pour d’autres motifs. Le fœtus peut être considéré comme un passager clandestin, il est là et personne ne le voit. Il vit mais il n’existe pas au sens philosophique. Certaines femmes ne font pas de déni mais peuvent être totalement coupées de leur corps, de leurs ressentis, du bébé qui bouge. La tête sait mais le corps dénie.

En périnatalité, le phénomène est assez connu des personnels soignants qui y sont confrontés plusieurs fois par an, notamment en milieu hospitalier, avec une issue parfois tragique pour le nourrisson. La grossesse et la relation mère-enfant peuvent être impensables et impensées. La non-perception d’une grossesse révèle l’importance de l’inconscient. Le psychisme se défend contre quelque chose qu’il ne peut ni envisager, ni assumer. L’espace de relation entre la mère et l’enfant ne se forme pas, il est entravé.

Le déni forme comme un écran entre la mère et son bébé. Dans la majorité des cas, la fonction du mécanisme est de protéger les deux. Il est l’expression d’une difficulté psychique et d’un blocage qui peut être actuel, lié au vécu de la future mère, ou aussi relever de mémoires transgénérationnelles, ce qui jusqu’ici a très peu été, voire pas du tout abordé.

Déni, dénégation et dissimulation: des notions distinctes

Trois notions méritent d’être distinguées : le déni, la dénégation et la dissimulation. Le déni est un refus inconscient de reconnaître une réalité extérieure traumatisante. Une personne en état de déni se sauve elle-même de l’insupportable. Il s’agit d’un système de gestion de la réalité mis en place par le cerveau pour continuer à vivre sans être débordé, enseveli, étouffé par la souffrance. Selon Freud, le mécanisme s’apparente à celui de la psychose. De fait, déni et psychose sont marqués par un rejet total de la réalité.

La dénégation est l’action de nier, de contester, de refuser de reconnaître comme vraie une situation. Elle donne lieu à des paroles de négation, à des démentis. Le fait de dénoncer une pensée ou un désir en ne reconnaissant pas son contenu pour sien relève de ce mécanisme. Au niveau psychanalytique, il s’agit pour le moi de prendre conscience intellectuellement d’une partie du refoulé, tout en maintenant dans l’inconscient l’affect qui lui est lié. La dénégation est un refus de la réalité associé à une contestation, c’est-à-dire une réalité occultée alors que l’extérieur envoie des signes et matérialise cette réalité. Concrètement, un dialogue s’instaure entre différentes parties du soi et une alternance d’états peut apparaître.

La dissimulation consiste à cacher quelque chose qui existe et se fonde sur la volonté de masquer, en l’espèce, la gestation. Une grossesse masquée n’est pas un déni de grossesse puisqu’elle est perçue. Une adolescente ou une femme qui découvre qu’elle est enceinte et le cache en portant des vêtements larges dissimule (elle est consciente de son état et décide de ne pas le montrer), ce qui n’est pas comparable à un mécanisme psychique de protection.

Le déni dans l’histoire

Le phénomène n’est pas nouveau. L’ignorance par une femme enceinte de sa gestation était déjà évoquée par Hippocrate, puis signalée au moyen-âge, notamment par des accoucheurs au 17e siècle. Par un édit de 1556, Henri II a institué la déclaration de grossesse obligatoire qui vise à lutter contre les avortements, les infanticides et à réduire les cas d’abandons d’enfant. À la fin du 16e siècle, ils étaient bien plus fréquents dans la population générale qu’à l’heure actuelle. Au 19e siècle, les psychiatres comme Jean-Étienne Esquirol et Louis-Victor Marcé rapportent des cas d’aliénées hospitalisées à la Pitié-Salpêtrière qui n’ont eu connaissance ni de leur grossesse, ni de la naissance, voire de l’existence de l’enfant. En 1874, le médecin légiste Ambroise Tardieu observe que certaines mères infanticides disent ne pas s’être aperçues de leur grossesse. En 1898, les psychiatres anglais Gould et Pyle relèvent l’existence du phénomène qu’ils nomment “grossesse inconsciente”. Le terme déni (traduit de l’anglais denial) apparaît avec le développement de la psychanalyse (1895-1905).

Dans l’histoire contemporaine, il ne se passe pas grand-chose lors de la première moitié du 20e siècle. Lors de la 2nde, la déclaration de gestation obligatoire et le suivi médical se généralisent en Europe. La problématique du déni apparaît dans la littérature psychiatrique dans les années 70. Au départ, le déni est associé aux femmes qui ont des troubles psychiatriques. Il est considéré comme un mécanisme de défense uniquement lié à la psychose. Dans les années 80 et 90, le phénomène est de plus en plus observé et les médecins remarquent que d’autres populations sont concernées, au-delà des femmes atteintes de maladies mentales. Le sujet du déni reste confiné dans la sphère des psychiatres et des professionnels du terrain social. C’est seulement à partir des années 2000 qu’il commence à mobiliser certains experts qui estiment qu’il s’agit d’un problème de santé publique. Un tournant s’opère avec la médiatisation de l’histoire de Véronique Courjault. L’affaire dite des bébés congelés frappe l’opinion publique et met en avant ce phénomène en réalité très complexe. Jugée en 2009, le verdict tient compte du déni de grossesse. Le mécanisme émerge auprès du grand public. À ce jour, il fait l’objet d’assez peu d’études et ne figure toujours pas dans le DSM-5 alors que certains professionnels militent pour que cette réalité clinique soit répertoriée dans la rubrique troubles liés à des traumatismes ou facteurs de stress.

Quelques chiffres

Le déni fait l’objet de très peu de documentations scientifiques, sous réserve de quelques études menées en France, en Allemagne et en Suisse qui livrent à peu près toutes les mêmes chiffres. La plus importante a été conduite en 2002 par Jens Wessel, obstétricien allemand à Berlin. Il a recensé toutes les naissances autour de Berlin sur une année et a collecté les informations auprès de 19 hôpitaux et de 5 cliniques. Son enquête porte sur 30 000 naissances déclarées. Une femme enceinte sur 500 a fait un déni partiel (découverte de la grossesse à partir du 2e trimestre), une sur 2 500 un déni total (découverte lors de l’accouchement).

En France, les études évoquent 320 femmes par an concernées par un déni total. Environ 20 % de ces femmes confient leur enfant à l’adoption. Certaines accouchent sous X ayant découvert leur bébé au moment de le mettre au monde sans être en capacité soit de s’en occuper, soit d’admettre cette réalité. Dans un cas sur 8 000 seulement intervient le décès de l’enfant soit par accident, c’est-à-dire par défaut de soins, détresse obstétricale ou néonaticide, ce qui reste marginal et très rare même si l’opinion publique est frappée par les faits divers.

Jens Wessel a également identifié que des troubles psychiatriques sont présents dans 20 à 30 % des cas. La proportion la plus significative de femmes touchées ne présente aucun trouble d’ordre psychiatrique. Si on reprend les chiffres des nombres de naissance en France (en 2021, il y en a eu 738 000), on peut estimer :

  • 295 grossesses non perçues ;
  • 73 naissances à domicile ou en dehors du milieu hospitalier (dénis totaux);
  • 14 décès possibles suite à déni (7 bébés morts par accident et 7 par agissement de la parturiente, donc par néonaticide, à savoir un homicide commis sur un enfant né depuis moins de 24 heures).

Des professionnels engagés

Des praticiens issus de différentes disciplines se sont emparés de cette question.

Félix Navarro, médecin de santé publique à Toulouse, a eu à connaître le phénomène du déni de grossesse dans son entourage et s’y est d’autant plus intéressé que le sujet était peu documenté. Il a fondé en 2004 la première et, à notre connaissance, la seule association en France. Depuis son décès en 2017, l’association française pour la reconnaissance du déni de grossesse (AFRDG) semble inactive. En conclusion du colloque organisé en 2008, il indiquait : “Par ses caractéristiques médicales qui heurtent le sens commun, par la gravité de cas dramatiques qui défrayent la chronique, par les questions de tous ordres qu’il soulève, le déni de grossesse s’affirme comme une problématique émergente de santé publique qui interroge à la fois les professionnels et l’opinion”. Un déni partiel touche une femme sur 250, ce qui est un taux de prévalence relativement élevé. Sur d’autres sujets de santé publique susceptibles d’avoir de tels impacts, les études sont très nombreuses. Malheureusement, il note un déficit pour le déni de grossesse.

« Il ne suffit pas d’être enceinte pour attendre un enfant; s’il n’y a pas de parole, il n’y a pas d’enfant.

Oguz Omay, psychiatre français d’origine turque, spécialiste en périnatalité à Lausanne, préfère parler de « grossesse non-perçue », pour éviter que la culpabilité de la femme soit insinuée d’emblée comme elle l’est avec l’emploi du qualificatif déni.

Israël Nisand, gynécologue obstétricien au CHU de Strasbourg et président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, grands spécialistes européens du déni de grossesse, estime que, dans le déni de grossesse, “il y a une grossesse physique mais pas de grossesse psychique. C’est l’envers de la grossesse nerveuse.

Sophie Marinopoulos, psychanalyste, spécialiste de la filiation, de la vulnérabilité parentale et du déni de grossesse a également travaillé sur ce thème. Elle a co-signé avec Israël Nisand, le livre Elles accouchent et ne sont pas enceintes paru en 2011.

Monique Bydlowski, psychiatre de formation psychanalytique, a consacré sa carrière de chercheur à l’exploration psychique de la fertilité et de la maternité en terrain hospitalier. Elle a aussi consacré quelques chapitres à ce thème dans des ouvrages qu’elle a pu publier et évoque des configurations psychiques très diverses pouvant expliquer le déni mais elle constate que “dans le cas d’une méconnaissance authentique, le déni est un mécanisme de défense évocateur d’une grande ambivalence à l’égard de la grossesse”. “Dans un contexte psychotique, le déni de grossesse peut être le premier symptôme d’une schizophrénie avérée et réaliser un syndrome de Cotard (déni global d’une réalité insupportable). Dans un contexte plus banalement névrotique, une défense psychique contre des souffrances internes et archaïques mobilisés par la gestation est invoquée. Il peut par exemple s’agir de lutter contre des souvenirs d’abus sexuels.

Damien Subtil, gynécologue obstétricien au CHU de Lille et chef du pôle femme, mère et nouveau-né à la maternité Jeanne de Flandre, président de l’association IHAB (label Initiative Hôpital Ami des Bébés) insiste : “Les femmes qui font un déni de grossesse ne sont pas du tout des dissimulatrices. Le mécanisme par lequel elles ignorent leur grossesse est complexe mais il est psychologique. Elles n’en ont absolument aucune conscience et ça n’est pas de leur faute.

Benoît Bayle, psychiatre, spécialisé en psychologie de la procréation humaine et de la grossesse et Pauline Minjollet, docteur en psychologie, spécialisée en périnatalité́ à la maternité́ Antoine-Béclère de Clamart sont co-auteurs d’un ouvrage publié en 2016, Le déni de grossesse, un trouble de la gestation psychique.

Daniel Zagury, expert psychiatre, qui a réalisé plusieurs expertises dans des cas de néonaticides, avance une hypothèse assez originale, celle d’un « déni atypique », c’est-à-dire le déni de l’inéluctabilité du terme. Autrement dit, la femme ignore la perspective de la naissance, comme si elle était vouée à rester enceinte toute sa vie, et occulte complètement le fait qu’elle pourrait accoucher.

Le mécanisme du déni

Les femmes victimes, qui sont-elles ?
Le déni peut toucher toutes les femmes en âge de procréer !

Oguz Omay a partagé les constatations suivantes :

  • N’importe quelle femme peut présenter une grossesse non perçue ;
  • A tout âge, pour toute femme en période de fertilité ;
  • 80 % des victimes sont dans une relation stable (et non des célibataires perdues comme on le prétendait dans les années 60) ;
  • 50 % sont déjà mères (ce qui est d’autant plus étonnant qu’elles savent reconnaître une grossesse) ;
  • Le niveau socio-économique d’appartenance est ordinaire ou élevé, ce ne sont pas forcément des adolescentes, des femmes carencées affectivement, immatures avec un trouble cognitif ou psychotique. Véronique Courjault, par exemple, était d’un milieu social plutôt élevé avec une belle-sœur médecin qui n’a strictement rien vu.

Pour Israël Nisand, « ce sont toujours des femmes qui ont une histoire lourde dont elles se souviennent dans la moitié des cas. Mais parfois elles ne s’en souviennent pas. Il y a toujours un contexte psychique écrasant. Ce sont des femmes qui ont comme une coupure entre leur corps de femmes, le corps de reproduction, et ce qu’elles perçoivent. Elles ne ressentent aucun signe ».

À noter que pour les adolescentes, il est toutefois plus difficile d’affirmer systématiquement des cas de déni car elles méconnaissent parfois leurs corps et les signes de grossesse du fait de leur jeune âge.

Les trois temps du déni

Le déni se passe en trois temps :

  • la phase de déni, avant l’annonce de la grossesse ;
  • sa levée, dans les semaines qui précèdent l’accouchement (parfois pas trop tard) ou le jour de celui-ci (malheureusement parfois extrêmement tard) ;
  • l’après-déni, la phase qui suit la révélation.

Le déni à proprement parler


Illustration : ©womumbox.com/blog, 19-1-2022

Aucun signe n’est perçu : pas de prise de poids, de règles, de nausées, de masque de grossesse, de sensibilité mammaire ou de seins qui augmentent de volume. Le fœtus se dissimule dans le corps de la femme et se fait discret. L’utérus ne bascule pas et, par conséquent, la femme n’a pas de ventre. En effet, le bébé se développe verticalement comme le montrent des échographies très surprenantes.

Dans cette position verticale, il fait penser à un pendu, image glaçante. Dans ses premières empreintes, il ne connaîtra pas la position enveloppante du fœtus recroquevillé. Durant ces neufs mois, il est amputé d’un lien, d’une relation. Il est aussi possible de le considérer comme la colonne vertébrale de la mère durant la grossesse avec cette question prégnante : qui soutient qui ? Le bébé reste caché, d’où la dénomination de « grossesse cryptique. » A contrario, le terme de « grossesse fantôme » s’applique aux grossesses nerveuses.

En transgénérationnel, la crypte est une notion issue des travaux de Nicolas Abraham et Maria Torok. Dans le cas d’un événement traumatique refoulé, l’inclusion ne pouvant se faire est condamnée au secret. Exemple. Au contact d’un parent porteur de crypte, le fonctionnement psychique d’un enfant sera parasité par un « fantôme ». Si des grossesses ou naissances se sont mal passées ou évoquent un traumatisme associé à des générations antérieures, une femme pourra faire un déni de grossesse afin de faire l’économie psychique de ressentis insupportables mais qui lui seront totalement étrangers. La communication étant passée par les inconscients (transmissions intergénérationnelles, voire transmissions transgénérationnelles entre générations qui ne se sont même pas connues).

Comment est-il possible de ne rien voir ? « Le phénomène reste encore scientifiquement inexpliqué », explique Oguz Omay.

Pauline Minjollet décrit ce qui se passe dans le corps féminin : « *Le fœtus se met dans une position particulière. Le corps s’adapte. Dans une grossesse classique, le fœtus se met en position fœtale ce qui pousse sur les abdominaux et fait gonfler le ventre (de femme enceinte). Dans le cas d’un déni, le fœtus se place de manière longitudinale, le long de la colonne vertébrale, plus en profondeur et à la verticale. Il ne pousse pas sur les abdominaux, le ventre ne s’arrondit pas. *»

Isräel Nisand complète : « *L’utérus n’étant pas autorisé à basculer vers l’avant, il se développe vers le haut, repoussant le diaphragme et les poumons. La grossesse ne se voit pas. Le déni de grossesse, donne lieu un phénomène incroyable que seules les personnes qui travaillent dans des maternités ont vu. Quand on révèle à une femme sa grossesse, en quelques heures, elle apparaît. *»

Les médecins et radiologues sont eux-mêmes ahuris quand ils discernent un bébé sur une radio ou une échographie abdominale.

Le déni est contagieux. La grossesse est également invisible pour toutes les personnes autour de la femme (mari et partenaires, famille, collègues, amis, professionnels y compris les médecins). C’est tellement stupéfiant que l’aspect extraordinaire est renforcé.

Dans le cas de dénis partiels, la levée du déni a lieu entre le deuxième et troisième trimestre (souvent au cours d’examens médicaux ou sur insistance de l’entourage parce que les proches ont des doutes).

La levée du déni

Les dénis représentent des risques pour la santé maternelle, fœtale et néonatale puisqu’il n’y a ni suivi obstétrical, ou très tardif, ni préparation à l’accouchement ou à la parentalité.

En cas de déni partiel, sur un plan physique, la grossesse se poursuit en principe normalement, sans complication liée au déni.

Dans les formes extrêmes, les situations se répètent de façon assez similaire : la femme se présente aux urgences pour des maux de ventre avec douleurs intenses et aiguës (en fait, pour accoucher sans le savoir) ou elle expulse l’enfant toute seule en dehors de tout lieu médicalisé (à domicile, dans les transports, n’importe où). Malheureusement, dans ce 2e cas, le contexte peut entraîner la mort du bébé.

En cas de déni total ou massif, la parturiente qui ignore son état est dans une situation de stress extrême qui entraîne :

  • stupeur et incompréhension ;
  • sidération et grande confusion mentale ;
  • parfois dissociation avec déréalisation et dépersonnalisation.
    Elle a plus de chances de se reconnecter à la réalité si elle est entourée. Pour la femme et son couple, tout arrive en même temps. Plus il y aura de personnes tierces autour d’eux, plus ils auront des chances de « réaliser ».

Ce traumatisme est vécu comme une véritable effraction psychique et corporelle, la femme est en état de choc. Oguz Omay évoque « un état traumatique dissociatif majeur ».

Certaines femmes n’entendent pas lorsqu’on leur annonce qu’elles sont en train d’accoucher. Des amnésies traumatiques sont observées et certaines patientes peuvent tout oublier, voire même penser que c’est une autre femme qui a accouché. Elles décrivent parfois des sensations de mort imminente au moment de leur accouchement. Elles vivent l’événement comme un arrachement et non la mise au monde d’un enfant.

La phase qui suit l’accouchement : le post-partum

Issue heureuse ou non ? Quelle est la place du bébé arrivé clandestinement ? Le projet-sens, à savoir l’imaginaire et les projections des parents qui, dans ce cas, ne se met pas en place ? Les conséquences à venir sur son développement ? Peurs, traumatismes ? Son héritage psychique ? Ses transmissions inconscientes ? Les interrogations ne manquent pas.

Si le bébé est en vie et en bonne santé, les équipes soignantes le présentent progressivement à la mère et observent attentivement l’évolution de la situation. Parfois, le lien d’attachement se crée très vite. D’autres fois, la mère a besoin de temps. L’enfant est prénommé à la va-vite. Tout est fait dans l’urgence dans le cadre d’un déni total qui n’est pas une arrivée au monde classique.

Un suivi thérapeutique aide les parents à se représenter la réalité, à essayer de comprendre pour se dégager de la culpabilité et de la honte induites par cette situation hors normes. Ils essaieront alors de rattraper le temps perdu et d’investir leur nouveau-né.

Les professionnels constatent bien souvent que, après un accouchement survenu dans le cadre d’un déni, passé le choc de l’annonce, le traumatisme de l’accouchement et ce plongeon brutal dans la parentalité, les couples semblent vouloir oublier (nouveau déni ?) et sont aux prises avec des sentiments contradictoires. Les nouveaux parents, totalement débordés psychiquement, remédient au plus urgent en s’occupant du bébé, en étant dans le réel et évitent ainsi de réfléchir. L’essentiel est alors de se centrer sur leur bébé et sur l’établissement d’un lien avec celui-ci. Leur désarroi peut être largement sous-estimé et dans le cas où la justice intervient en plus, comme dans le film Toi non plus tu n’as rien vu, le choc est double.

Les conséquences du déni

Un risque vital pour l’enfant en cas de déni total

Une femme accouche et ne parvient toujours pas à prendre conscience de ce qui se passe, elle ne sait pas ce qui lui arrive parce qu’elle n’a aucune notion d’être enceinte. Dans ces circonstances, l’accouchement peut mal tourner et le bébé mourir. Comment ?

Pour des raisons obstétriques parce que l’accouchement ne se déroule pas dans de bonnes conditions entraînant une détresse néonatale. Le bébé pourrait être « tué » dans le sens où sa mort serait la conséquence des agissements imprévisibles et en mode « automate » de la femme. Il s’agit alors d’un décès accidentel par défaut de soins ou négligence. La parturiente ne sait pas ce qui est en train de se produire, elle ne parvient pas à identifier « cette chose ». Elle peut être envahie par des fantasmes d’infanticide. Le bébé étant un prolongement de son corps, cela revient à tuer une partie de soi.

La mère ne bénéficie pas du temps de la grossesse qui permet de se projeter et d’établir une relation entre elle et son enfant. Elle n’est aucunement préparée à la parentalité. Le bébé, lui, n’est ni attendu, ni accueilli. Il faudra du temps pour que l’un et l’autre fassent connaissance, pour que la mère lui prodigue les soins nécessaires. Sur le plan émotionnel, le déni entraîne des sentiments de culpabilité et de honte. La femme s’en veut terriblement parce qu’elle n’a pas pu, entre autres, modifier ses habitudes de vie (alimentation, alcool, tabagisme, médications, etc.). Elle peut rencontrer d’énormes difficultés à investir son enfant pendant les premiers jours, qui sont à cet égard critiques. Une prise en charge de qualité et une attention particulière de la part des soignants permettront d’atténuer les effets sur la relation mère-bébé.

Les impacts sur l’enfant et l’adulte

Les difficultés rencontrées par un individu pour « donner corps » à ses projets peuvent trouver leurs sources dans les conditions dans lesquelles s’est déroulée sa naissance. Lors d’une mise au monde, il est fréquent de se heurter à la question du timing et du rythme. On distingue trois temps pour naître :

  1. Le bon temps, l’enfant et la mère sont prêts en même temps et travaillent ensemble ;
  2. Le bon temps pour la mère mais pas pour l’enfant : la naissance est vécue comme une expulsion par le nourrisson ;
  3. Le bon temps pour l’enfant mais pas pour la mère : la mère le retient, la naissance est vécue comme une prison, un empêchement par le nourrisson qui ne peut pas passer. Quel que soit le temps, se forme une 1e empreinte par rapport au mouvement. L’individu le retrouvera à tous les passages de sa vie. Cet engramme pourra soit le précipiter dans des projets prématurés, soit l’enfermer dans la procrastination ou l’échec.

On pourrait supposer que l’accouchement relève de la 3e configuration, c’est-à-sous l’impulsion de l’enfant dans la mesure où la mère ne peut se sentir prête de ce dont elle n’a pas conscience. Rien n’est moins sûr. L’hypothèse soulevée par Daniel Zagury, à savoir l’inéluctabilité du terme, les femmes refusant l’idée de donner naissance, prend ici tout son sens.

Hypothèses sur les causes du déni

Combien d’enfants, et potentiellement de futurs analysants, sont nés et vivent sans savoir que leur gestation n’a pas été perçue, ou décelée, puis annoncée à un stade tardif ? Une fois l’enfant né, cette réalité relève du non-dit. Soit elle est masquée, soit elle peut être spontanément oubliée, alors qu’elle constitue le symptôme d’un trouble familial toujours actif.

Dans notre pratique, il nous paraît désormais indispensable d’interroger ce que de possibles dénis de grossesse identifiés ou suspectés dans un arbre généalogique peuvent recouvrir en transgénérationnel. La première démarche consiste à rechercher les traumatismes et éventuels secrets de famille autour des naissances et, plus largement, de la sexualité. Par exemple, dans le cas d’enfants nés sous X, abandonnés ou de père inconnu, la naissance peut être mal vécue et ces difficultés susceptibles de contaminer plusieurs générations.

Dans notre clinique, parmi les événements susceptibles d’expliquer une grossesse non perçue, nous pouvons recenser :

  • les femmes mortes en couches ou lors de tentatives d’avortement ;
  • les récits d’accouchements difficiles, voire traumatisants dans la famille ;
  • une grossesse suite à un viol (le déni protège de l’impensable et peut être suivi d’une naissance sous X, d’un abandon, d’un néonaticide) ;
  • des antécédents d’abus sexuels sur plusieurs générations donnant lieu à des pathologies lourdes ;
  • l’inceste.

Dans les générations précédentes, il peut y avoir eu mort d’un enfant dont on ne trouvait pas de trace. Par exemple, un bébé mort-né non déclaré pour éviter une suspicion d’infanticide ou par sentiment de honte.

Le déni de grossesse pourrait aussi s’expliquer par le désir de vivre une grossesse non médicalisée (le bénéfice secondaire étant alors différent du refus ou de la peur d’enfanter).

Préconisations pour ne plus passer à côté des grossesses non perçues

Dans la clinique transgénérationnelle, nous recommandons les actions suivantes :

  1. Interroger systématiquement, lors d’une séance relative à la maternité, la possibilité de grossesses non perçues ;
  2. Toujours aborder l’annonce d’une naissance à venir dans la famille ;
  3. Promouvoir et militer pour une terminologie plus adaptée ;
  4. Systématiser le suivi parental et un accompagnement pluridisciplinaire pour comprendre et éviter une répétition ;
  5. Informer pour une prise en charge déjudiciarisée.

Enquêter sur les antécédents et l’histoire familiale

Au même titre que les fausse-couches, interruptions volontaires de grossesses (IVG), décès en périnatalité et en bas-âge, l’hypothèse de dénis doit être soulevée. Même si aucune réponse n’est apportée, cette évocation a au moins le mérite de poser cette possibilité et de diffuser l’information sur l’existence de ce trouble.

Parmi les éléments qui méritent d’être examinés :

  • Le poids de la religion, de la culture et leurs conséquences, avec le tabou autour de la sexualité et l’interdiction de toute contraception ;
  • La sexualité dans les deux arbres ;
  • Le couple et le vécu des deux lignées de nature à susciter des hypothèses : pères inconnus, incestes, …
  • La lignée du père et le destin des hommes de l’arbre. Quel pacte dénégatif dans le couple ?
  • Les traumatismes autour d’enfants morts en bas âge ;
  • Les problématiques de place dans le système ;
    Exemple: Dans une fratrie de trois enfants, seul la 3e grossesse donne lieu à un déni. Dans la généalogie, qu’est-il arrivé aux enfants nés en 3e position ? Une injonction familiale interdisant de concevoir plus de deux enfants pourrait entraîner un déni pour celui ou ceux conçus au-delà ;
  • La façon dont se déroulent les anniversaires. Dans certaines familles, ils ne sont pas fêtés, les dates ne sont pas retenues indiquant que la naissance est considérée comme un non-événement ne devant pas susciter de joie particulière.

Comment une naissance est-elle accueillie ?

Dans le déni, nous assistons à un défaut d’annonce faute de perception de la grossesse. Il y a lieu d’interroger les patients pour savoir comment se sont passées les annonces au sein de la famille. À quel moment, à qui, comment ? Comment la grossesse est-elle accueillie par les proches ? S’agit-il de moments joyeux, heureux, ritualisés, ou pas ? Une photo de l’échographie, un livre pour bébé, un chausson, un objet est-il, par exemple, offert aux futurs grands-parents ? Dans les familles traumatisées, il faut savoir qu’une annonce de naissance peut-être mal vécue et venir réveiller des souvenirs douloureux.

Par ailleurs, la tradition des baby shower, phénomène importé des États-Unis, se popularise en France. Cette pratique devrait (re)mettre au goût du jour l’importance de l’annonce. À l’inverse, le caractère parfois ostentatoire ou extravagant de cette fête peut également donner lieu à interprétation : pourquoi une future naissance est-elle autant scénarisée et le bébé surinvesti jusqu’à l’outrance avant même d’être né ?

Opter pour une terminologie moins stigmatisante

Il nous semble opportun, à l’instar d’Oguz Omay, de préférer le terme « grossesse non perçue » à celui de déni. La seconde formulation est maladroite et, surtout, stigmatisante. « Elle a fait un déni de grossesse ». Non ! Implicitement, cette phrase sous-tend une faute maternelle. Or, la femme ne sait pas, donc elle ne fait pas. Le phénomène paraît tellement inconcevable que la tentation est grande d’accuser la mère et/ou de la juger très vite mauvaise, irresponsable, coupable. L’enfant passe inaperçu, certes, mais la mère ne mérite pas d’être tenue responsable de la non-perception de son état.

Quant à l’enfant, est-il « victime du déni » ? Souvent, les bébés se portent très bien si la fin de gestation (déni partiel) et leur naissance (déni total) se déroulent dans de bonnes conditions et que leur entourage est correctement accompagné. Ils ont un poids normal et leur développement n’est a priori pas impacté. Aucune étude sur les séquelles possibles sur ces enfants nés dans le cadre d’un déni n’a été, à notre connaissance, menée. Le lien mère/enfant est-il entravé ou au contraire s’agit-il d’une entente inconsciente entre la mère et le bébé ? Parler d’un bébé surprise est plus positif.

Sensibiliser à la dimension transgénérationnelle

Un déni suit souvent un autre déni. Il nous appartient de sensibiliser l’ensemble des professionnels du secteur médical et paramédical (sage-femmes, échographes, radiologues, gynécologues-obstétriciens, praticiens en santé mentale, médecins généralistes …), afin qu’ils orientent les patientes qui découvrent la réalité d’une grossesse de façon inopinée vers un accompagnement psychologique spécifique en transgénérationnel. Explorer les vécus familiaux au regard de la maternité permettrait de limiter, voire d’éviter, les phénomènes de répétition et de favoriser la prévention des risques liés à ce phénomène en matière de périnatalité.

Ne plus condamner un phénomène psychique inconscient

Malheureusement, dans les cas les plus graves où le bébé ne survit pas, la mère, et parfois le père, sont poursuivis en justice pour néonaticide. À travers son film, Béatrice Pollet a voulu montrer le volet judiciaire. Selon elle, le meilleur moyen de raconter est de partir de faits tangibles. Lors d’une séquence du film est évoqué un petit cercueil blanc en référence à une génération précédente. À ce moment-là, une porte est rapidement ouverte et laisse les spectateurs imaginer. L’idée de la réalisatrice a été d’aider la justice à mieux comprendre ces femmes et à dénoncer l’injustice qu’elles subissent. En effet, on oublie que, bien souvent, elles sont doublement victimes, et leur mari avec elles.

Dans le cas de l’affaire Véronique Courjault, s’est posée la question de la répétition des dénis et de la raison qui motive la congélation, et donc la conservation, des bébés. Que représentent alors les bébés morts ? Qu’est-ce qui est conservé à travers eux ?
Dans l’affaire de la petite Serena retrouvée dans un coffre de voiture en 2013, la défense a invoqué le déni de grossesse. Pour une raison ignorée, la mère, qui avait déjà des enfants, était dans l’incapacité d’annoncer la naissance de cette petite fille. Elle vivait totalement clivée depuis la naissance.

Au-delà de ces deux exemples, d’autres faits-divers et procès montrent que la prise en charge des femmes victimes de grossesse non perçues reste, à ce jour, inadaptée. Les magistrats doivent être informés de cette pathologie qui peut donner lieu, dans des cas extrêmes, à un épisode psychotique. En droit pénal, la qualification d’une abolition du discernement peut être posée.

Note

Cet article fait suite à la soirée du 27 novembre 2023 organisée par l’association des professionnels du transgénérationnel, Mémoires des arbres, co-animée par Alexandra Deschamps et Lydiane Saint-Jalme.

Références

Dossiers et articles scientifiques

  • Déni de grossesse : la part des ancêtres, Élisabeth Darchis, Le Divan Familial 2007/1 n° 18, pp. 105-121
  • Le déni de grossesse : une entité clinique valide ? Céline Pereira de Oliveira, Topique 2013/2 (n° 123)
  • Les mères néonaticides. Changement anthropologique, jugement social, déni politique, Sophie Marinopoulos – Cliniques méditerranéennes 2013/1 n° 87, PP. 159-170
  • Déni de grossesse et néonaticide, une association mal connue. Revue d’un cas clinique, A. Josset, C. Reynaert (revue Louvain médical)
  • Déni de grossesse à l’adolescence, Félix Navarro, Michel Delcroix, Emmanuelle Godeau, La revue de santé scolaire et universitaire, mai-juin 2013, elsevier.com
  • Un passager clandestin : les vérités sur le déni de grossesse, Kelly Tschannen, Magali Mira, Malika Giacomini et Laura Palmieri, mai-juin 2013 – HEDS, Université de Genève, Faculté de médecine
  • Le déni de grossesse : étude réalisée sur 75 dossiers de découverte tardive de grossesse – ScienceDirect
  • Le déni pour survivre – Santé Mentale N° 240 sep. 2019 (santementale.fr)
  • La revue du praticien (nov. 2022) – Déni de grossesse, mise au point sur les spécificités cliniques.

Ouvrages

  • 99 histoires vécues, Recueil de témoignages rédigé par l’AFRDG – Éditions Amalthée (2010)
  • Elles accouchent et ne sont pas enceintes, Sophie Marinopoulos et Israël Nisand – Éditions Les liens qui libèrent (2011)
  • Le double déni de grossesse, Karine Denza – Éditions L’Harmattan (2021)
  • L’intrus, Bénédicte Des Mazery – Éditions Plon (2023)
  • Flagrant déni, Hélène Machelon – Éditions Le Dilettante (2023)
  • Le déni de grossesse : Enjeux et acteurs de la publicisation d’une cause « secondaire », Marion Seibert – Éditions L’Harmattan (2014)
  • Le déni de grossesse, un trouble de la gestation psychique, Benoît Bayle et Pauline Minjollet – Éditions Érès (2016)
  • Maternité, Françoise Guerin – Éditions Albin Michel (2018)

Presse

  • Déni de grossesse et infanticide : une ambivalence ? Tribune par Jacques Dayan, Psychiatre, docteur en psychologie, Libération, 24 août 2010

Filmographie

  • Toi non plus tu n’as rien vu
    Réalisatrice : Béatrice Pollet avec Maud Wyler et Géraldine Nakache
    Sortie le 8 mars 2023
Maître Serapis Bey

Sérapis Bey passe de nombreuses vies en Égypte. Il est le pharaon Amenhotep III (1417-1379 av. J.-C.), fils de Thoutmosis IV et arrière-petit-fils de Thoutmosis III (incarnation de Maître Koot Hoomi). Amenhotep III est considéré comme le plus grand souverain de la planète. Il porte l’Égypte au sommet à tout point de vue : prospérité, beauté, paix. On l’appelle « le Magnifique ». Il construit de nombreux monuments, temples et palais dont on trouve les traces encore aujourd’hui. Le temple de Louxor est la contrepartie physique de la retraite éthérique qu’est le temple de l’Ascension.

« Je demande que mes corps physique, émotionnel, mental et spirituel soient alignés avec mon Divin Soi afin que Celui-ci puisse s’exprimer sur tous les plans de mon être.

Je demande que la prochaine étape du plan divin qui me concerne me soit révélée clairement et que les personnes et les ressources nécessaires pour sa manifestation viennent à moi maintenant d’une manière qui procure à tous joie, légèreté, abondance, facilité et le bonheur de servir » Il en est ainsi, il en est ainsi, il en est ainsi. »

Peut-on hériter du traumatisme de nos ancêtres ?

C’est une découverte incroyable : des souris soumises à une expérience désagréable ont transmis, via leur ADN, la mémoire de cet événement à leur progéniture. Un héritage « épigénétique » qui réinterroge la notion de l’inné…

Pour ceux qui reprochent aux jeunes gens de faire peu de cas des leçons de leurs aînés et qui s’offusquent que la mémoire des événements passés (comme un traumatisme) se dissolve dans l’agitation du présent, la nouvelle devrait singulièrement apaiser leurs craintes : le souvenir de ce qu’ont vécu nos ancêtres, loin d’être perdu, se trouve tapi au plus profond de nous. Mieux, c’est dès la naissance que chacun profiterait en droite ligne de l’expérience de ses aïeux.

Cela sans en avoir toutefois conscience. Par exemple, vous avez peur des chiens ? Eh bien, il se pourrait que votre grand-père se soit douloureusement fait mordre dans sa jeunesse.

Vous aimez manger gras ? C’est peut-être parce que votre arrière-grand-mère connut les affres de la faim pendant la guerre, quand bien même elle n’osa jamais en parler.

Difficile à admettre car voilà qui semble déposséder chacun de sa propre expérience et, plus globalement, rebat les cartes de l’inné et de l’acquis ? Une chose est sûre : les

chercheurs Kerry Ressler et Brian Dias, de l’université Emory d’Atlanta (Etats-Unis), ont fait une extraordinaire découverte en observant, pour la première fois, la transmission d’un souvenir via … l’ADN ! En l’occurrence, le souvenir était celui de souris qui associaient une odeur à une expérience désagréable ; l’étude démontra que la mémoire de cette expérience fut transmise aux générations suivantes par cette seule voie biologique.

TRAUMATISME : JUSQU’À LA 3 eme GÉNÉRATION

Concrètement, les chercheurs ont d’abord appris à des souris mâles à avoir peur de l’odeur spécifique d’une molécule chimique, appelée acétophénone. Ils ont associé plusieurs fois de suite cette odeur à un choc électrique.

Dans les dix jours qui ont suivi, ces mâles se sont reproduits avec des femelles qui n’avaient, elles, jamais été exposées à cette odeur.

Résultat : la descendance, élevée exclusivement par les femelles, a instinctivement sursauté lors de sa première exposition à l’acétophénone (voir infographie). Beaucoup plus que les descendants de souris qui n’avaient pas appris à la craindre, ou même qui avaient appris à craindre une autre odeur. Un comportement qui pouvait aussi être transmis par les mères, ou en utilisant une autre odeur… Et qui persistait à la 3ème génération ! Dès lors, la conclusion s’imposait : des souris avaient, à leur naissance, hérité d’une forme de souvenir appartenant à leurs parents, indépendamment de tout apprentissage.

Elles savaient ce que leurs parents avaient, eux, dû apprendre par eux-mêmes.

LE SECRET ? L’ÉPIGÉNÉTIQUE

Magie ? Télépathie ? Non : le secret de cette incroyable transmission mémorielle s’appelle l’épigénétique. Soit l’ensemble des processus biologiques qui modifient l’ADN au cours de la vie. Là où la séquence des gènes ne change qu’au gré de mutations rares et aléatoires, les modifications épigénétiques sont régulièrement provoquées par les expériences que nous vivons et changent la façon dont s’exprime l’information contenue dans les gènes.

Par exemple, la pratique d’un sport entraîne des modifications de l’ADN qui changent la manière dont s’exprime un des gènes essentiels au métabolisme du glucose.

L’épigénétique ne cesse de révéler des phénomènes que l’on ne comprend pas encore. Il est temps que la communauté scientifique s’en empare – EVA JABLONKA, spécialiste de l’hérédité épigénétique, Institut Cohn, Tel Aviv

Or, les biologistes ont récemment montré que ces modifications peuvent, à l’instar des mutations affectant les gènes, être transmises d’une génération à l’autre. Mais jusqu’alors, cette hérédité épigénétique avait tout l’air d’un accident de parcours : de nombreuses études montrent que le stress des parents peut augmenter le risque de dépression chez les enfants, ou qu’une alimentation déséquilibrée favorise le diabète chez la descendance.

En clair : les aléas de la vie altèrent l’ADN, et ces changements passent à la descendance de manière fortuite et, le plus souvent, néfaste.

Avec la découverte des chercheurs de l’université Emory, on observe tout autre chose : ce qui est transmis, c’est une information précise qu’il est avantageux pour la descendance d’avoir en sa possession.

Et voilà que l’hérédité épigénétique, d’indésirable, devient un extraordinaire allié. Un moyen inventé par l’évolution pour que les parents transmettent aux enfants les leçons de leurs expériences. Pourquoi attendre qu’ils l’apprennent à leurs dépens, si on peut leur transmettre l’information biologiquement ? interroge ainsi Lawrence Harper, spécialiste de l’hérédité des comportements à l’université de Californie-Davis.

La nature aurait-elle inventé, avec la transmission des expériences par l’ADN, un puissant accélérateur d’évolution ?

La transmission épigénétique des souvenirs permet, une adaptation beaucoup plus rapide des populations : si une génération d’individus est massivement confrontée à un danger nouveau, dès la génération suivante, une grande partie des descendants pourrait développer un caractère les protégeant de ce danger.

Reste cependant à valider l’existence d’un tel mécanisme, qui ébranle les connaissances actuelles. Jusqu’ici, personne n’avait mis au jour, chez un mammifère, la transmission épigénétique d’un comportement appris. C’est l’exemple de transmission épigénétique le plus complexe que je connaisse, commente Eva Jablonka, spécialiste de l’hérédité épigénétique à l’institut Cohn (Tel Aviv).

Mais rien ne me paraît plus incroyable. Avec l’;épigénétique, on découvre toujours plus de phénomènes étranges, que l’on ne comprend pas encore. Il est temps que la communauté scientifique s’en empare.

Par quelles voies un message aussi complexe que la peur d’une odeur peut-il passer

d’une génération à la suivante ? Par le biais d’hormones ? Ou via des molécules de

régulation épigénétiques impliquées dans la mémoire, et qui seraient capables de passer du cerveau dans le sang, et modifieraient directement les cellules sexuelles ? Et, une fois arrivé jusqu’aux ovules et spermatozoïdes, comment ce message serait-il codé dans l’ADN, en dehors des gènes ? Enfin, comment de telles modifications épigénétiques se maintiennent-elles sur des générations ?

L’IDÉE QUE NOUS POURRIONS HÉRITER DE SOUVENIRS APPARTENANT À NOS PARENTS EST… VERTIGINEUSE

En attendant, les faits sont là : le vécu des pères (du moins chez les souris) modifie le comportement des générations suivantes. Dans l’intimité des cellules nichent des souvenirs… hérités des parents. Ce qui ouvre des questions que vont devoir affronter non seulement les biologistes, mais aussi les philosophes… Car il faudra expliquer ce que peut bien signifier de faire ses premiers apprentissages avant même d’avoir été conçu.

Comment il est possible d’engranger ses premiers souvenirs, alors que n’a pas même eu lieu la rencontre décisive entre un ovule et un spermatozoïde… Autant de questions qui donnent le vertige.

IL L’A DIT

Tout ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus [… ], elle le conserve pour la génération de nouveaux individus, postulait il y a deux siècles le zoologiste Jean-Baptiste Lamarck . Cette idée d’hérédité des caractères acquis, exclue de la théorie de l’évolution inspirée par Darwin, revient en force depuis la découverte des phénomènes de transmission épigénétique.

Dans un article rapporté par ELSA ABDOUN

Peut-on hériter du traumatisme de nos ancêtres ?
Sciences et Vie Publié le 22 Déc 2022 à 12H00 / modifié le 19 Déc 2022

https://www.science-et-vie.com/article-magazine/peut-on-heriter-du-traumatisme-de-nos-ancetres

Suis-je prêt (e) à ouvrir mon cœur?

La douleur psychique est généralement plus acceptable socialement que la douleur psychique. La preuve est que la plupart d’entre nous consultent plus souvent les médecins que les psychothérapeutes.

Pourtant notre blessure psychique n’en est pas moins réelle, cependant comme nous l’acceptons difficilement, nous avons plutôt tendance à la refouler qu’à l’écouter. La conséquence est que notre propre monde intérieur nous est inconnu, il en résulte qu’il influence nos actions, nos choix, nos décisions, nos réactions à notre insu. Ainsi, notre cœur souffre en silence et ses blessures croissent de jour en jour parce qu’elles ne sont pas écoutées ni identifiées.

 

Comment les identifier? Parfois elles forment un tout complexe à l’intérieur de notre psychisme, et il est nécessaire à la conscience rationnelle de les identifier pour trouver des moyens de les soulager.

  • Les causes

Mettez un x dans les espaces qui correspondent à la cause possible de vos blessures affectives

  • L’humiliation
  • L’abandon, le rejet ou l ‘exclusion
  • La trahison
  • La domination, le contrôle, l’envahissement, la manipulation, l’intimidation
  • La culpabilisation
  • La dévalorisation, la non valorisation, ou l’indifférence
  • La comparaison (infériorisation, supériorisation)

Qu’est-ce que pour vous une blessure de cœur?

  • La blessure est une affection grave, subie dans le passé, qui a entraîné une modification de la structure du psychisme à la suite d’un traumatisme affectif causé par un percutant choc émotionnel ou par de petits chocs émotionnels répétés sur une longue période qui on t laissé en vous des marques profondes
  • Relisez cette définition et soulignez les mots qui vous paraissent les plus percutants et réécrivez les
  • En réalité, les chocs émotionnels qui ont causé vos blessures ont été déclenchées par un ou plusieurs événement significatifs de votre vie. Ces événements ont soulevé en vous une abondance d’émotions souffrantes tellement fortes qu’elles dépassaient le seuil de tolérance de votre psychisme. Votre pulsion de vie étant plus forte que votre pulsion de mort vous avez plutôt inconsciemment choisi de vous défendre pour survivre à votre douleur. Il n’en reste pas moins que votre psychisme a été profondément affecté par les blessures subies et qu’il en porte la marque

Les événements

  • Notez quelques événements de votre vie d’enfant, d’adolescent ou d’adulte qui vous ont profondément marqué
  • Quel est selon vous parmi ces événements douloureux celui qui influence le plus votre vie affective actuelle? En quoi?

Mécanismes de survie

  • Revoyez vous dans des situations où votre psychisme a été profondément affecté par des émotions intolérables causées par l’abandon, le rejet, l’humiliation, la comparaison, la trahison, la culpabilisation. Pour que votre souffrance devienne tolérable vous avez instinctivement réagi par un mécanisme de défense que vous avez tourné contre vous-même ou contre le déclencheur de votre douleur.
  • Autrement dit, vous avez implosé par le refoulement, l’autopunition, la résignation, la soumission, la plainte, ou vous avez explosé et exprimé votre colère, votre haine, votre désespoir par le cri, l’insoumission, la provocation, la confrontation, la révolte, la violence verbale ou même la violence physique. Aujourd’hui, lorsque vous êtes profondément blessé, réagissez-vous par l’implosion ou par l’explosion ? Quels mécanismes d’implosion ou d’explosion utilisez-vous?

Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réactions à la souffrance

  • Accueillez vos mécanismes sans les juger parce qu’ils ont assuré votre survie psychique. N’oubliez pas que la personne à qui vos réactions défensives font maintenant le plus de mal, c’est vous-même, et ce qu’elles soient tournées conte vous ou contre les autres.

     

La VICTIMISATION

L’une des réactions défensives la plus fréquente lorsque nous sommes blessées est cette maladie que nous avons presque tous contractée à un moment donné ou l‘autre dans notre vie. Rendre les autres responsables de ses malaises, de ses échecs, de ses besoins non satisfaits et des ses frustrations. Réagir par la victimisation est normal, cependant il est fondamental que vous preniez conscience de ce processus défensif pour ne pas rester trop longtemps dans la plainte sans quoi vous resterez les impuissants esclaves de votre passé

  • Écrivez 5 mots à connotation négative que vous associez au mot victime :
  • Remplacez chacun de ces mots par un mot contraire qui a une résonance positive pour vous :
  • Dessinez deux visages ; celui d’un victime et celui d’un résilient
  • En quoi ces deux visages vous ressemblent

La vulnérabilité d’un cœur blessé

  • N’oubliez pas que quand vous avez été blessé, vous restez fragile. Un simple geste, mot peut réveiller votre blessure et vous faire revivre la souffrance du passé parce que vous avez refoulé vos émotions du moment où elle a été déclenchée.
  • Vos zones blessées sont donc autant de plaies non guéries qui sont rouvertes chaque fois qu’un déclencheur présent rappelle à votre mémoire inconsciente la douleur aiguë causée dans le passé par des déclencheurs semblables.

Comment savoir si vous êtes affecté par une blessure affective?

  • Un couple : supposons que Régis soit marqué par une blessure causée par l’abandon et que sa femme Marie Claire, ce n’est pas le cas. Par ex. l’oubli d’un anniversaire aura un effet différent chez chacun d‘eux. Régis pourra souffrir profondément et Marie Claire éprouvera de la déception mais sans pour autant se sentir abandonnée. Ces deux personnes réagissent en fonction de ce qu’elles ont vécu dans le passé par rapport à l’abandon. Si vous vivez en couple, apportez un exemple de réactions différentes de votre conjoint et de vous-même à un même événement déclencheur. Si vous ne vivez pas en couple, choisissez une personne proche de vous affectivement.

Un exemple : pensez à un événement relationnel présent ou passé qui vous préoccupe en ce moment et qui vous fait souffrir.

.L’événement déclencheur :

La réaction de l’autre personne :

Votre réaction :

OBSERVEZ VOS SYMPTÔMES

  • Votre souffrance est profonde, voire insupportable
  • Elle prend une grande partie de votre énergie
  • Elle vous enlève la capacité d’aimer le déclencheur
  • Elle occupe vos pensées jusqu’à l’obsession
  • Elle persiste malgré votre volonté de vous en libérer
  • Elle vous prie de discernement
  • Elle vous tire dans un état d’abattement, de mélancolie; voire de dépression
  • Elle vous rend confus, pessimiste et impuissant
  • Elle vous fait réagir d’une manière que vous jugez démesurée
  • Elle est tellement intense que vous ne la ressentez plus

Le sens de la famille

J’ai un peu d’mal à imaginer la vie sans mes proches
Quand j’dis un peu d’mal en fait j’l’imagine pas du tout
Ils sont mes repères, mes bases, mes compliments, mes reproches
Sans eux j’suis pas entière, j’les veux pas loin souvent partout
Avec eux, on n’a pas peur du silence, on n’a rien à s’prouver
Une sorte d’équipe sans remplaçant, sans capitaine
Dans cette équipe tu ris, tu râles, tu progresses, tu veux rester
Très loin du star-système où tu restes tard, si t’aimes
Si jamais j’devais tout perdre, si la roue faisait demi-tour
J’n’aurais besoin que d’leur présence pour que la vie reste facile
Peu importe c’qu’il y a sur la table, c’qui compte c’est qui il y a autour
C’que j’ressens, je veux leur dire, j’crois qu’j’ai l’sens de la famille
J’ai un peu d’mal à imaginer la vie sans mes proches
Quand j’dis un peu d’mal en fait j’l’imagine pas du tout
C’est avec eux qu’j’avance de la sérénité plein les poches
S’ils ne l’partagent pas avec moi, aucun bonheur ne vaut l’coup
Et à l’inverse, il n’y a rien qui n’me fasse plus de peine
Qu’imaginer leur visage au moment où ils ont appris
Que mes 20 ans seraient cruels, que mon avenir s’annonçait terne
Le drame ça s’partage, mais ça n’apaise pas l’esprit
Ils m’ont transmis tout c’que j’aimerais transmettre à mon tour
C’est grâce à eux si j’suis en paix et que j’pars pas en vrille
Leur humanité est sans trompette, leur bienveillance sans détour
C’que j’leur dois, je veux leur dire, j’crois qu’j’ai l’sens de la famille
Évidemment quand t’es maman, ton cœur explose et pour toujours
On t’confie le rôle ultime, celui qui t’change viscéralement
Tu savais pas qu’c’était possible de générer autant d’amour
J’trouve pas d’mots assez forts, c’est tellement, tellement
Évidemment quand t’es daron, toutes les cartes sont redistribuées
Ils sont dans ma tête, dans mon ventre, dans mon sang chaque seconde
J’n’ai plus qu’eux comme certitude, il va falloir m’habituer
J’ai découvert les liens invisibles et les plus solides du monde
Les enfants c’est des galères qu’on pouvait même pas concevoir
Ils nous rendent complètement ou-f, mais en un sourire, on vacille
T’as qu’une envie, c’est qu’ils s’endorment et dès qu’ils dorment tu veux les voir
Eh ouais on est devenus ceux qu’on chambrait, j’crois qu’on a l’sens de la famille
Et le sens de la famille, c’est aussi l’sens de l’amitié
Je peux t’présenter des frères et sœurs qui n’ont pas l’même sang
Frères d’espoir, sœurs de cœur, frères de galère ou d’quartier
Faire des projets d’adultes dans des cerveaux d’adolescents
La famille c’est aussi ceux qui sont devenus essentiels
Ceux qui t’connaissent, te révèlent, te soutiennent et te protègent
Ceux qui t’parlent la bouche fermée parce que l’cœur s’en mêle
Si tu veux signer avec moi, faut signer avec tout l’cortège
D’abord un dessin animé? (Repose-toi bien ma chérie, à bientôt)
Et ça que tu veux dire? (Sœur, rappelle s’te plait)
Bonjour parrain, merci pour le cadeau
Tu vas manger, vas-y viens, j’t’attends
Salut on est en voiture (on arrive, bisous bisous)
J’suis trop heureuse pour toi ma sœur
C’est toi qui m’emmènes au foot mercredi?
Rentre vite s’te plait, j’ai trop envie d’voir le dernier épisode
Ouais frère, rappelle-moi j’crois qu’j’ai trouvé une bonne idée pour le clip
Les sales cons passent mon reuf
T’aime, tiens mon cœur (moi je t’aime, t’aime)
D’abord on va à la séance de 19h30 et après on mange
Ma sœur, t’es où?
Papa, on peut manger devant la télé ce soir?
Que, j’ai froid

Cliquer sur ce lien pour la musique Prière pour Soi

Pour les jours où je serai triste

Pour les jours où je n’aurai plus envie

Ces jours où je devrai faire entrer la lumière

Par des trous tout petits, tout petits Pour les jours où j’aurai mal

Pour ces jours où mon cœur se sentira seul

Même au milieu d’une foule de visages connus

Ces jours où j’enfouirai mes larmes sous les draps

Dans le plus grand secret

Pour ces jours-là

Je fais appel à la guerrière en moi

Donne, donne, donne-moi de la force

Toi dont les armes sont l’amour, la lumière et la joie

Je te fais de la place en ce jour de détresse

Pour que tu sabres le noir de ta lame de fer

Oh, donne, donne-moi la force de retirer de ma tête

Les pensées qui oppressent, les histoires qui me peinent

Les gens qui m’ont blessée et les peaux que je laisse

Pour me délester, me renouveler sans cesse

Oh, sauve-moi, sauve-moi de moi-même

Sauve-moi de la peine que je porte en ce jour

Pour les jours où je serai vide (tous ces jours-là)

Dénuée de projets, de désirs (tout est noir)

Pour les jours où l’immense, immense solitude Sera là dans mon corps et dans mon cœur

Pour ces jours, je fais le vœu de toujours me souvenir

Que j’ai connu des froids, de longues années arides

Mais que j’en suis sortie, oui j’en suis sortie

Cliquer sur ce lien pour la musique Prière pour Soi

Le buste droit et l’œil de ceux qui ont déjà vu pire

Tombée beaucoup plus bas, bien plus loin que le vide

Mais que j’en suis sortie, oui j’en suis sortie

Pour ces jours-là Je fais appel à la guerrière en moi

Donne, donne, donne-moi de la force

Toi dont les armes sont l’amour, la lumière et la joie

Je te fais de la place en ce jour de détresse

Pour que tu sabres le noir de ta lame de fer

Oh, donne, donne-moi la force de retirer de ma tête

Les pensées qui oppressent, les histoires qui me peinent

Les gens qui m’ont blessée et les peaux que je laisse

Pour me délester, me renouveler sans cesse Ouh, sauve-moi, sauve-moi de moi-même

Sauve-moi de ma peine pour conjurer ce jour

Pour les jours où je serai vide

Je fais appel à la guerrière en moi

Fais appel à la guerrière en moi

 

Prière pour soi

Eloge de l’intuition

Flamme de l’âme

Dans l’obscurité, une flamme légère,
Éclaire nos pas, fidèle lumière.
L’intuition, écho du ciel profond,
Nous guide en silence, loin de la raison.

Le Hun, vagabond dans la nuit calme,
Nourrit le Shen, souffle et baume de l’âme.
Il puise des rêves, secrets d’univers,
Pour éclairer nos cœurs sincères.

Fulgurance soudaine, éclat divin,
Un éclair dans l’ombre, trace le chemin.
L’âme s’éveille, l’ego se tait,
Dans la paix du cœur, la vérité naît.

Ni illusion, ni artifice trompeur,
Ne peuvent révéler cette douce lueur.
C’est dans le calme, la nature en éveil,
Que l’âme s’ouvre aux dons du Ciel.

J. Pélissier